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19 août 2020 3 19 /08 /août /2020 21:41
Bernard Connac Livre Cajarc Quercy Toute Latitude Terres d'excellence

 

 

 

 

 

 

Bernard CONNAC est né à Cajarc en 1944 et a grandi dans l’une de ces demeures seigneuriales où s’est écrite l’histoire de la ville. Enfant, il a grimpé sur les dolmens, cherché des traces de mains sur les parois des cavernes, joué dans les ruines des châteaux, côtoyé une très vivante langue occitane.

Après une vie professionnelle dans la culture, l’informatique et la communication, il se fait aujourd’hui historien, linguiste, généalogiste, et se consacre au questionnement qui le passionne depuis toujours : comment le Temps, comment l’Histoire ont « fabriqué » sa ville magnifique et singulière ?

 

 

Il a répondu à nos questions :

Bernard, pourquoi avez-vous écrit ce livre "Cajarc en Quercy, un village occitan à l'épreuve de l'Histoire" ?
Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, j'ai toujours ressenti un « déficit » de connaissances sur le petit monde qui m'environnait ; avec le sentiment que ce déficit était largement partagé par mon entourage, y compris par nos enseignants. Avec un corollaire de poids : la compréhension du « grand » Monde, du « Pays », de l'Histoire en était grandement affectée : comment saisir la « Culture de la Tène » à l'Âge du Fer, si les dolmens n'étaient qu'un tas de pierres terrain de jeu ? Comment comprendre la « féodalité », « Versailles », si j'ignorais le nom même des seigneurs de mon village et leurs liens avec les « étages supérieurs » ? Comment apprécier les Troubadours et « l'Amour Courtois » si le parler de mes parents et grands-parents n'était qu'un patois grossier et fruste ? 

Je ne peux mieux dire que ce que j'écris en avant-propos :

« Souvent, je m'interrogeais sur ces vestiges de l'histoire que nous étions amenés à côtoyer sans cesse, mais que nul ne nous expliquait vraiment ; sur leur origine, leur sens, leur cohérence... ces ruines, ces châteaux, ces pierres levées, ces noms de lieux et de personnes aux consonances familières et étrangement déjà obscures, ces traces incertaines léguées dans l'argile ou sur les parois des grottes par des ancêtres improbables... et cette langue à la douceur rugueuse que les adultes nous interdisaient - pour notre bien disaient-ils - en même temps pourtant qu'ils la vantaient si belle, si expressive, si indispensable... 
J'ai conservé et alimenté toute ma vie cet appétit de questionnement. J'ai lu, cherché, consulté, visité, engrangé.
Il fallait bien finir par se poser enfin, et tenter d'y mettre de l'ordre. »

Quelles sont les principales révélations sur Cajarc qu'il contient ?
Plutôt que « révélations », j'emploierais le mot « hypothèses » pour un certain nombre de propositions nouvelles ou de précisions inédites que je pense apporter dans mon livre. Il y a d'abord l'analyse étymologique que je soumets sur l'origine même du nom de « Cajarc ». C'est pour moi un point essentiel, qui, au-delà des aspects sémantique et historique, me semble pouvoir ouvrir des perspectives passionnantes. Il y a le souhait d'en finir avec les erreurs et affabulations insupportablement répétées d'un ouvrage et d'un siècle à l'autre ; il y a la « résurrection » des Cajarc, de ces seigneurs éponymes presque totalement absents jusque-là de tous les écrits sur la ville ; et de leurs voisins et souvent parents : les Balaguier, les Barasc, les La Popie, les La Roque, les Cardaillac, les Vidaillac, etc. ; et naturellement les Hébrard de Saint-Sulpice, avec l'exigence de reconsidérer leurs origines, leurs relations avec Cajarc et avec la famille « de Cajarc » : et j'avance là, oui, ce qui peut s'apparenter à une « révélation » en exprimant la thèse d'une relation familiale inédite entre les deux familles dès les années 1270, qui ferait de toute la lignée des Hébrard de Saint-Sulpice à compter de cette date des descendants d'un Hébrard et d'une Cajarc.
Au-delà, sur les « pouvoirs » locaux, sur la question des « gisants du prieuré d'Espagnac », sur « la vie cajarcoise », sur l'évolution de sa croissance, de ses bâtiments et de ses aménagements, etc., j'ai voulu présenter un maximum d'informations et en discuter à l'occasion les incohérences ou les confusions.

La langue et la culture occitane ont été essentiels à Cajarc comme dans toute notre région, vous insistez sur cette dimension ?
Oui, nous l'appelions « patois » cette langue ancestrale ; et on nous en donnait la honte – la « vergonha » – avec le bonnet d'âne ou les coups de règle sur les doigts lorsqu'à l'école nous en laissions échapper un mot. L'idée alors était que nous n'apprendrions bien le français que si nous étions débarrassés de ce parler lourdaud... On sait aujourd'hui que c'est l'inverse.
Avait-on bien conscience alors – et a-t-on bien conscience aujourd'hui encore – que l'occitan a été parlé durant plus de mille ans dans nos pays d'oc ? Qu'il a baptisé nombre de nos villages, de nos noms de lieux et de personnes, qui ne prennent sens qu'avec lui ? Qu'il y a cent ans encore l'ensemble de la population de nos régions parlait cette langue au quotidien ? Bien évidemment, aucune radio, aucune télévision n'avaient alors permis « d'homogénéiser » cette langue et elle a vécu dans la variété de ses dialectes locaux.
Il ne s'agit pas là pour moi de régionalisme, d'occitanisme ou de je ne sais quelle nostalgie ou anachronismes déplacés.
Mais, ici comme ailleurs, je suis convaincu qu'on ne peut faire d'étude historique locale – et à plus forte raison toponymique, anthroponymique, sociologique – sans une prise en compte permanente de la langue qui a accompagné la vie des habitants du lieu.

En quoi est-ce que ce n'est pas seulement un livre sur l'histoire, qui passionnera tous les Cajarcois ?
Pour moi, l'histoire d'un pays ou d'une de ses parties ne parle pas que du passé, sauf à en faire une lecture courte et sommaire : d'abord, elle charpente, elle explicite le présent ; mais je pense en plus qu'elle peut donner des clefs et des références pour l'avenir.
Protection de l'environnement, harmonie et cohérence du développement dans toutes ses dimensions, authenticité et justesse d'image et de positionnement, etc., sont aujourd'hui des enjeux et des atouts essentiels d'épanouissement et de progrès local.
La connaissance historique, la promotion – la « présentation » – du passé les nourrit et les illustre.

Rejoignez Bernard CONNAC sur le blog "Cajarc : une histoire des origines".

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